Simulateur de trimestres retraite

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Comment fonctionnent les trimestres de retraite ?

Les trimestres de retraite sont l'unité de mesure fondamentale du système de retraite français. Ils déterminent à la fois votre âge de départ possible et le montant de votre pension. Pour bénéficier d'une retraite à taux plein (sans décote), vous devez avoir validé un nombre minimum de trimestres, qui varie selon votre année de naissance. Depuis la réforme des retraites de 2023, ce nombre augmente progressivement jusqu'à 172 trimestres (43 ans de cotisation) pour les personnes nées à partir de 1965.

Il existe deux types de trimestres : les trimestres cotisés, acquis par le travail et les cotisations versées, et les trimestres assimilés, attribués pour des périodes d'interruption involontaire (chômage, maladie, maternité, service militaire). Les deux types comptent pour le calcul de la durée d'assurance, mais certains dispositifs (comme la retraite anticipée pour carrière longue) exigent un minimum de trimestres « réellement cotisés ».

Notre simulateur estime vos trimestres validés en tenant compte de votre date de début de carrière, de vos périodes d'interruption et de votre année de naissance. Il calcule les trimestres manquants pour le taux plein et détermine votre âge légal de départ à la retraite.

Comment valide-t-on un trimestre ?

Contrairement à une idée reçue, un trimestre de retraite ne correspond pas à 3 mois de travail effectif. La validation repose sur le montant des revenus soumis à cotisation :

Règle de validation

  • Un trimestre est validé lorsque vous avez cotisé sur un revenu équivalent à 150 fois le SMIC horaire brut
  • En 2026, cela représente environ 1 747 € de salaire brut (150 × 11,65 €)
  • Vous pouvez valider maximum 4 trimestres par an, même si vos revenus sont très élevés
  • Pour valider 4 trimestres en 2026, il faut avoir gagné au moins 6 990 € brut dans l'année (4 × 1 747 €)

Trimestres assimilés

Certaines périodes d'inactivité donnent droit à des trimestres sans cotisation :

  • Chômage indemnisé : 1 trimestre par période de 50 jours d'indemnisation (maximum 4 par an)
  • Chômage non indemnisé : limité à 1 an (1,5 an si plus de 55 ans et 20 ans de cotisation)
  • Maladie : 1 trimestre par période de 60 jours d'indemnités journalières
  • Maternité : 1 trimestre par accouchement au titre de l'accouchement
  • Service militaire : 1 trimestre par période de 90 jours
  • Invalidité : 1 trimestre par trimestre civil de perception d'une pension d'invalidité

Majorations pour enfants

En plus des trimestres assimilés pour la maternité, des majorations de durée d'assurance sont accordées :

  • 4 trimestres pour la maternité/adoption (attribués à la mère)
  • 4 trimestres pour l'éducation (répartissables entre les parents)
  • Soit 8 trimestres par enfant au total (2 années de cotisation « gratuites »)

Durée d'assurance requise par génération (réforme 2023)

Année de naissance Trimestres requis Durée de cotisation Âge légal de départ Âge du taux plein automatique
196016741 ans et 9 mois62 ans67 ans
1961 (janv-août)16842 ans62 ans67 ans
1961 (sept-déc)16942 ans et 3 mois62 ans et 3 mois67 ans
196216942 ans et 3 mois62 ans et 6 mois67 ans
196317042 ans et 6 mois62 ans et 9 mois67 ans
196417142 ans et 9 mois63 ans67 ans
196517243 ans63 ans et 3 mois67 ans
196617243 ans63 ans et 6 mois67 ans
196717243 ans63 ans et 9 mois67 ans
1968 et après17243 ans64 ans67 ans

L'âge du taux plein automatique (67 ans) permet d'obtenir une retraite sans décote même si le nombre de trimestres requis n'est pas atteint. La pension sera cependant proratisée (calculée au prorata des trimestres validés).

Rachat de trimestres

Si vous n'avez pas validé suffisamment de trimestres, vous pouvez racheter des trimestres (dispositif VPLR — Versement Pour La Retraite) :

  • Maximum 12 trimestres rachetables (3 ans)
  • Pour des années d'études supérieures ou des années incomplètes (moins de 4 trimestres validés)
  • Le coût dépend de votre âge et de vos revenus (de 1 000 € à plus de 6 000 € par trimestre)
  • Le rachat est déductible du revenu imposable, ce qui réduit significativement le coût réel
  • Il est généralement rentable si vous êtes dans une tranche d'imposition élevée (30 % ou plus)

Conseils et optimisations

  • Vérifiez votre relevé de carrière régulièrement : connectez-vous sur info-retraite.fr pour consulter votre relevé individuel de situation (RIS). Les erreurs sont fréquentes, notamment pour les premières années de carrière ou les périodes de chômage.
  • Signalez les anomalies rapidement : si des trimestres manquent, demandez une régularisation à votre caisse de retraite. Plus vous agissez tôt, plus c'est facile à corriger.
  • Évaluez l'intérêt du rachat : racheter des trimestres est rentable si vous êtes proche du taux plein et dans une tranche d'imposition élevée. La déductibilité fiscale réduit le coût réel de 30 à 45 % selon votre tranche marginale.
  • Carrière longue : si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, vous pouvez peut-être bénéficier d'un départ anticipé. Les conditions ont été assouplies par la réforme 2023.
  • Ne négligez pas les trimestres assimilés : les périodes de chômage, de maladie, de service militaire et les majorations pour enfants comptent dans la durée d'assurance. Vérifiez qu'elles sont bien inscrites sur votre relevé.

Questions fréquentes

Le nombre de trimestres requis pour le taux plein dépend de votre année de naissance. Depuis la réforme 2023, il augmente progressivement : 167 trimestres pour les personnes nées en 1960, 169 pour 1962, 170 pour 1963, 171 pour 1964, et 172 trimestres (43 ans) pour les personnes nées à partir de 1965. Si vous n'atteignez pas ce nombre, vous subissez une décote de 1,25 % par trimestre manquant (dans la limite de 20 trimestres), sauf si vous attendez l'âge du taux plein automatique (67 ans).

Oui, le chômage indemnisé donne droit à des trimestres assimilés : 1 trimestre par période de 50 jours d'indemnisation, dans la limite de 4 trimestres par an. Ces trimestres comptent pour la durée d'assurance (taux plein) mais pas pour le calcul du salaire annuel moyen. Le chômage non indemnisé est pris en compte de manière plus limitée : la première période de chômage non indemnisé donne droit à 1 an et demi de trimestres assimilés (6 trimestres), les suivantes sont limitées à 1 an.

La maternité donne droit à plusieurs types de trimestres. D'abord, 1 trimestre assimilé au titre du congé maternité. Ensuite, une majoration de durée d'assurance de 8 trimestres par enfant : 4 trimestres au titre de la maternité ou de l'adoption (attribués automatiquement à la mère biologique) et 4 trimestres au titre de l'éducation (répartissables entre les parents pour les enfants nés après 2010). Au total, une mère peut obtenir jusqu'à 8 trimestres par enfant, soit l'équivalent de 2 années de cotisation « gratuites ».

Oui, dans certains cas spécifiques. Le dispositif « carrière longue » permet un départ anticipé pour les personnes ayant commencé à travailler avant 16, 18 ou 20 ans, sous condition d'avoir validé un nombre minimum de trimestres cotisés. Le départ anticipé est également possible pour les travailleurs handicapés (taux d'incapacité de 50 % ou plus), les personnes exposées à l'amiante, et les assurés ayant un compte professionnel de prévention (C2P) avec suffisamment de points de pénibilité.

Consultez votre relevé individuel de situation (RIS) sur le site info-retraite.fr, le portail inter-régimes qui regroupe toutes vos caisses de retraite. Ce document récapitule année par année vos trimestres cotisés et assimilés, ainsi que les revenus pris en compte. Il est envoyé automatiquement tous les 5 ans à partir de 35 ans, mais vous pouvez le consulter en ligne à tout moment. Si vous constatez des erreurs ou des trimestres manquants, contactez votre caisse de retraite pour demander une régularisation.

Oui, le dispositif VPLR (Versement Pour La Retraite) permet de racheter jusqu'à 12 trimestres pour des années d'études supérieures ou des années incomplètes. Le coût varie selon votre âge au moment du rachat et vos revenus : de 1 000 € à plus de 6 000 € par trimestre. Ce rachat est déductible du revenu imposable, ce qui réduit significativement le coût réel (30 à 45 % d'économie d'impôt selon votre tranche). Il est généralement rentable si vous êtes proche du taux plein ou si vous souhaitez éviter une décote importante.